Les déchets ménagers
Des déchets à la pelle Pour les archéologues, une amphore ébréchée, des pointes de flèches cassées ne sont pas seulement d’antiques ordures. Ils renferment des trésors d’informations sur les modes de vie des civilisations passées. Pour les artistes, les morceaux de ferraille, les montagnes de clous tordus sont une source d’inspiration inépuisable. Pour les sociologues, les décharges ou les poubelles sont des sujets d’étude passionnants, car ils offrent un reflet fidèle de nos modes de vie.
Mais finalement, un déchet, c’est quoi ?Résidus de l’activité humaine, les déchets sont les produits qu’on jette car ils ont perdu leur utilité. Il est très difficile de déterminer avec précision le volume des ordures ménagères produites dans le monde, tant la notion de déchet varie selon les pays, les cultures, l’organisation sociale. Seule certitude : au cours des vingt dernières années, les déchets ménagers des pays de l’OCDE ont triplé jusqu’à atteindre une moyenne annuelle de 550 kg par personne ! Qu’allons nous faire de ces montagnes inutiles que génèrent nos activités quotidiennes ?
Pollutions démesuréesL’apparition du plastique, des composants chimiques et électroniques a profondément modifié la nature des déchets. En 2001, en France, on a jeté un million et demi de tonnes de fax, téléphones, ordinateurs, imprimantes, appareils électroménagers soit 15 000 fois le poids de la Tour Eiffel ! Un ordinateur contient du plomb, du mercure, du cuivre, du baryum, du béryllium, du cadmium … autant de substances toxiques qui, non traitées, se retrouvent dans l’environnement et font peser des risques sur la santé. Même lorsqu’ils ne sont pas toxiques, les déchets sont une nuisance présente sur les plus hautes montagnes comme au plus profond des mers. Les fonds de la Méditerranée sont recouverts de 300 millions de tonnes de déchets dont les trois quarts en plastique. A l’ère du tout jetable et de la portion individuelle, sacs plastiques, bouteilles, cartons, canettes, vaisselles jetables, emballages multiples ont envahi nos poubelles.
Où vont nos déchets ?
Avec l’avènement de la société de consommation, les déchets commencent à poser problème. Après l’ère du « Jetez tout, nous nous occupons du reste » des années 70, nous sommes passés à l’ère de la valorisation dans les années 90. Le recyclage et le compost donnent une nouvelle vie au papier, au verre, au plastique, aux métaux et aux déchets organiques…La valorisation passe aussi par la récupération d’énergie comme dans le cas du biogaz issu de la fermentation des déchets ou de la chaleur provoquée par leur incinération.
Le principe de responsabilité élargie du producteur est né suite au coût croissant du traitement des déchets supporté par les collectivités territoriales des pays développés. Les producteurs participent désormais au financement de la fin de vie de leurs produits. Dans tous les secteurs, des filières de collecte et de traitement impliquant producteurs et collectivités locales se mettent en place : véhicules, médicaments, emballages, piles, huiles usagées… Malgré ces efforts, tout n’est pas rose.Nos déchets ménagers sont souvent toxiques. Les brûler entraîne l’émission de dioxines ou de métaux lourds dangereux pour la santé. Les boues des stations d’épurations peuvent contenir des polluants qui contaminent les sols et se retrouvent dans les aliments. Par ailleurs, les coûts impliqués par les normes de plus en plus contraignantes de traitement des déchets sont importants. Résultat : il est souvent plus facile et rentable d’envoyer les déchets dans les pays du Sud, plutôt que de les traiter à domicile !
Après la valorisation, la responsabilisation.Recycler n’est pas tout : au lieu de faire revenir un objet à l’état de matière première, mieux vaut le réutiliser. C’est l’objectif de l’association Emmaüs ou du réseau « Recycleries & Ressourceries » qui réparent nos déchets encombrants afin de leur redonner de la valeur et de prolonger leur durée de vie. Ce qui est vrai pour nos appareils électroménagers ou nos meubles, l’est aussi pour les sacs plastiques, les canettes, les emballages transformés en sac à main, chapeau et oeuvres d’art. Cette logique très présente dans les pays en développement prévalait également avant l’ère industrielle : quand la ressource n’est pas abondante, il faut bien faire avec l’existant ! La responsabilisation du consommateur au moment de l’achat est une donnée fondamentale du problème. Eviter les produits sur-emballés, miser sur la qualité, tenir compte de la fin de vie d’un objet sont autant de voies vers la réduction du nombre de poubelles qui encombrent nos rues et nos paysages… Face à la croissance démographique, le traitement des déchets ménagers est un défi collectif qui passe par la prévention, l’éducation, la responsabilité individuelle et l’art d’accommoder les restes.
Chiffres clésLes déchets ménagers sont ceux dont le détenteur final ou le producteur est un « ménage », une « famille ». Ce sont : les ordures ménagères, les encombrants (électroménager, meubles, literie…), les déchets dangereux (huiles usagées, piles, peintures, solvants, pesticides), les déchets de jardin (terre, feuilles…), les déchets de l’automobile (huiles de vidange, batteries, pneus…) (Ademe)
Les Français génèrent environ 30 millions de tonnes de déchets ménagers par an. (ADEME) L’Europe compte 8700 décharges qui contiennent 1,2 milliard de tonnes de déchets, produisent des émissions de méthane, gaz à effet de serre, et contaminent les nappes souterraines.(Eurostat) Le verre est recyclable à l’infini : une bouteille sur deux est fabriquée avec du verre recyclé. (Eco-Emballages) Dans la nature, il faut 3 mois pour qu’un mouchoir en papier disparaisse, 100 ans pour une boîte de conserve en acier, 200 ans pour un sac en plastique. (ADEME)
Le saviez-vous ? En recyclant 27 bouteilles en plastique, on peut fabriquer un pull en polaire, 11 bouteilles en plastique = un arrosoir, 670 cannettes = un vélo, 19 000 boîtes de conserve = une voiture.(Eco-emballage)
Dans le département des Landes : En 2006, la quantité de déchets (ordures ménagères, emballages, déchets collectés en déchèteries et déchets verts) produite par les ménages landais et la population touristique a atteint 293 000 tonnes soit environ 740 kg par habitant ! Ainsi, la seule poubelle d'ordures ménagères (hors collecte sélective) pèse près de 335 kg par habitant et par an soit, pour une famille de 3 personnes, près d'1 tonne de ces déchets.
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